Sois le changement que tu veux voir dans ce monde
Le week end de l'Ascension est à nos portes, nous proposant des temps de réflexion sur l'élévation spirituelle.
Je suis rentrée du lycée fatiguée (des rhinites circulent depuis quelques temps) et j'ai donc débuté ces temps d'oisiveté par une sieste réparatrice.
A mon réveil, je réfléchissais à mes ressentis de malaise avant de quitter mon lieu de travail. Cela n'avait rien à voir avec ma mission ni avec mes échanges en classe ULIS qui sont toujours très enrichissants, constructifs et très agréables à vivre. Alors, pourquoi avais-je été gênée avant de partir ?
Parce que, pour la énième fois, j'ai été témoin de petites scènes qui font partie de notre quotidien, banalisées dans un consensus devenu mortifère à défaut d'être normatif. Le monde dans lequel nous évoluons actuellement a trouvé une voie assez binaire de "l'agresseur-agressé". N'avez-vous pas remarqué à quel point aujourd'hui, avant de réfléchir sur soi, les gens toisent, apostrophent, critiquent sans pour autant admettre être une part de cet échange et donc d'être co-responsables de ce qui va se tramer et être apporté ? Pour l'anecdote, j'ai été témoin d'une scène qui aujourd'hui est devenue tellement banale que personne n'en verrait la toxicité insidieuse : un jeune a posé une question à la CPE sans y mettre des formes, il n'a pas eu sa réponse. Au lieu de çà, deux personnes à la vie scolaire lui ont fait remarquer très durement qu'il n'était pas poli et sa question est donc restée sans réponses. Nous imaginons tous ce qu'il a dû se dire dans sa tête en tournant les talons.
Anodin comme évènement me diriez-vous.. Et pourtant.. ce glissement vers ce qui est devenu un quotidien malaisant est sans doute ce qui m'éloigne de mes pairs.
Je suis intimement convaincue que l'on ne réussit pas une éducation ou une quelconque relation en mettant au pilori l'autre. Quand j'en parle, on ricane derrière mon dos, je suis certainement étiquetée de "bobo Montessori".
En fait, cela n'a rien à voir. Je n'essaie pas d'appliquer des préceptes et des méthodes. Seule une règle prévaut dans mon existence, une seule et unique : "Sois le changement que tu veux voir dans ce monde" (Gandhi a toute ma reconnaissance infinie pour m'avoir fait réfléchir depuis longtemps sur ce paradigme). Personnellement, mes élèves en ULIS sont très respectueux et solaires... car ils ont eu l'opportunité de le devenir tout au long de l'année. Dans mes interactions, je mets un point d'honneur à être la personne que j'aimerais côtoyer. Juger ce que les gens font et disent, c'est de mon avis, prendre la situation à l'inverse.
Pour résumer, si j'avais été la CPE, je n'aurais pas pointé ce qui n'allait pas chez le jeune, je lui aurais montré qui il peut devenir s'il le souhaite.
Ce rapport existe dans toutes les strates relationnelles de nos quotidiens. Tant et si bien qu'une simple attitude est en train de faire basculer notre monde : en acculant la faute à l'autre constamment, en n'y voyant que le négatif immédiat, nous nous chargeons de "gifles énergétiques" perpétuelles.
Aujourd'hui, je sais que je ne suis pas asociable, loin s'en faut, ni aigrie, ni défaitiste. J'ai appris à me construire en petite osmose. ma bulle en ULIS me permet de voir éclore ces rayonnements comme une sphère isolée, et je mesure pleinement la chance de pouvoir le vivre.
Mais je me disais : qu'adviendra-t-il de moi à la retraite ? Comment pourrais-je construire ces ponts spirituels alors que je n'appartiendrai nulle part ? Je pourrais faire tous les efforts du monde mais je ne me satisferai jamais d'un agenda ponctué d'un rendez-vous au café culturel et à l'aquagym. Non que ces activités ne soient pas respectables, tout au contraire, mais elles ne me permettront pas de faire éclore ce rayonnement en moi.
J'ai pour habitude d'écouter ma petite voix intérieure. Elle frappe à ma porte, je lui ouvre et l'écoute.
Là, une idée déjà existante en moi m'est venue : celle de finir ma carrière d'enseignante sur une année à l'international, dans un pays à la culture différente (notamment orientale) afin de m' "envoler" vers d'autres clairières et orées qui m'offriront d'autres champs des possibles relationnels, spirituels et personnels.
Un Après ne doit en aucun cas entacher le présent, là est la gageure de la construction personnelle.
Mais un Après se prépare de longue date, déjà énergétiquement parlant mais aussi en remplissant ses valises de savoirs, d'atouts et de "couteaux suisse".
Cette idée est là en moi depuis plusieurs décennies, à vrai dire depuis le jour où je m'ennuyais chez ma mère et feuilletais les insipides Marie Claire. J'étais tombée sur un article de Tina Kieffer. Cette journaliste est à l'origine de la création de l'école Happy Chandara au Cambodge.
D'un simple malaise en début de journée, ma soirée débute donc sur un projet encore émergeant de vivre une ultime expérience enrichissante qui viendra nourrir et bercer mes vieux jours.
Telle une source qui viendra abreuver ma soif d'amour délivré.

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