Tempête de lune
*Photo prise de ma fenêtre il y a quelques temps, sans trucage
Ma semaine passée fut très particulière, empreinte de tempêtes émotionnelles générées par des obstacles, des ressentis, des batailles et quelques nuits blanches.
Je sais pertinemment que la pleine lune y est pour beaucoup, cette dernière a un impact phénoménal sur moi.
Tout a commencé par un appel à ma mère dimanche dernier. Abattue, je l'ai entendue discourir pendant 1h43 de sa vie gâchée par la maternité. Bonne fête Maman. J'ai tenté de dépasser ses mauvaises vibrations, je ne suis plus surprise et je n'attends rien d'autre d'elle. Je n'ai aucun mauvais ressentiment. Ce n'est juste pas une partie de plaisir et je dois veiller à ne pas me laisser envahir par ses toxicités.
Au lycée, la semaine des examens et des conseils de classe a débuté. J'ai épaulé et guidé certains parents désoeuvrés. Je compatis sincèrement à leur épuisement mental de devoir toujours batailler pour leurs enfants. Je les soutiens autant faire se peut mais malheureusement, je ne suis pas la seule décisionnaire et parfois, les avis de l'institution qu'est l'Education Nationale et la MDPH sont froids, impersonnels et éloignés de l'humain. J'ai fait mon possible cette semaine pour pallier les manques du système.
J'ai été témoin de la puissance karmique dans toute sa splendeur, sur deux de mes collègues d'abord. Ces personnes qui avaient été les premiers à me mettre à mal la première année.
Il fut un temps où l'injustice m'était tellement intolérable que je partais au front systématiquement. Depuis, j'ai mûri ma posture à cet égard. Je me suis rendue compte qu'en agissant pour contrer l'injustice, on change le cours des évènements et on participe donc à la fluctuation de ces derniers. Nous sommes ensuite partie prenante et devons en assumer aussi les conséquences.
Je ne suis pas en train de dire qu'il ne faut pas agir contre l'injustice mais voici comment je vois les choses :
- Pour contrer les injustices faites aux autres, les actions que nous devons effectuer doivent être en sous-marin d'une certaine manière (Mr Schindler avait compris cela). Le fait que notre implication ne soit pas reconnue n'a aucune importance, car en voulant réparer une injustice aux autres, il ne s'agit pas de nous.
- Pour supporter une injustice qui nous est faite, la première action est de s'éloigner de toute toxicité, d'éviter les fruits pourris et de continuer à Etre et Faire sans que cela nous atteigne. Bien évidemment, ce qui nécessite des démarches de protection pour des réparations doivent être faites. Mais se poser en victime et demander des réparations émotionnelles est d'une certaine manière s'inclure dans le cycle karmique au lieu de faire un pas en dehors d'un tourbillon que nous n'avons pas causé.
C'est ce que j'ai fait pour les collègues qui m'avaient dressé le portrait. J'ai continué mon chemin avec eux gravitant autour en me concentrant sur le présent.
Je laisse désormais le Karma nous diriger et nous former, pour moi comme pour les autres. Cette semaine, pour deux de mes collègues, le Karma fut violent. Je peux assurer ici relater ces évènements en toute neutralité, ne réside en moi aucun sentiment victorieux de vengeance ou autre vélléité. Je ne me réjouis jamais de l'infortune des autres, c'est sacré.
Mais force est de constater que le Karma est d'autant plus puissant lorsqu'il agit seul d'une certaine manière. Pour moi qui n'ai jamais eu la patience jusqu' à peu de laisser Etre, j'ai récemment appris cela. Pas simplement à travers les autres mais en analysant ce qui m'arrive aussi. Je me rends compte que si je traite une situation avec mon affect et mes "droits émotionnels" (donc de me poser en victime), je ne prends pas les bonnes décisions. Si j'écoute sans avoir demandé un avis, c'est pareil. Il faut savoir prendre du recul, analyser et poser des bonnes questions (si possibles à des experts neutres).
J'ai de plus en plus conscience de la puissance des énergies vibratoires créées par des éléments extérieurs (la lune) et intérieures (ce que nos pensées renvoient).
J'apprends à les respecter, à les accueillir et à les "entendre".
Comme toute tempête, l'accalmie apparaît à l'aune de ce week end.
Hier, j'ai emmené mes élèves pour une projection du "Chant des forêts" de Vincent Munier. Ce fut un moment intense et magique. La salle remplie de jeunes de 15-16 ans était plongée dans un silence religieux, ils étaient tous happés par tant de beauté.
Et comme disait si sagement Mr Munier père : "On est ce qui s'en va".


Commentaires
Enregistrer un commentaire